07.08
2017 Activités

Les vtt à assistance électrique (ou VTTAE) révolutionnent une pratique, réputée physique, en l’élargissant au grand public, un minimum d’effort pour un maximum de plaisir. Décryptage d’un nouveau phénomène en plein essor.

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Comme leur nom l’indique, les VTT à assistance électrique se différencient des scooters et autres cyclomoteurs électriques par le rôle joué par leur moteur qui n’est pas de faire tout le travail à votre place, mais de vous aider au pédalage dans les moments les plus durs, principalement au redémarrage et à la montée. Pour ce faire, différents capteurs de cadence, de couple, de vitesse vont effectuer plus de 1000 mesures / seconde afin de procurer une assistance extrêmement réactive, fluide et naturelle.

Le triptique moteur / batterie / Panneau de commande

Le moteur

Notez tout d’abord que les moteurs équipant les VTTAE (et l’assistance électrique dans un sens plus large) sont soumis à une règlementation européenne stricte. Leur puissance ne doit pas dépasser les 250 watts. Ils ne peuvent fonctionner qu’en cas d’effort, c'est-à-dire uniquement que si le cycliste pédale, et uniquement à une vitesse n’excedant pas les 25 km/h.

Par opposition aux moteurs placés sur les moyeux avant ou arrière, ceux équipant les VTT AE sont montés au niveau du pédalier pour un avantage double : une meilleure répartition des masses avec un centre de gravité rabaissé, et un meilleur rendement puisqu’ils agissent directement sur l’axe du pédalier et non sur les roues. Notez que l’on trouve désormais des kits à monter sur son propre vtt, chose impossible il y a encore peu, des vélos à emplacement dédié étaient alors obligatoires.

La batterie

Si l’on trouve sur le marché des VAE des batteries au plomb (Pb) et au nickel-hydrure métallique (NiMH),  celles équipant les VTT AE sont  au Lithium-ion (Li -Ion). Bien moins volumineuses et plus légères que les deux premières citées, elles sont considérées comme celles offrant la meilleure autonomie, avec également la possibilité intéressante de pouvoir les recharger sans même attendre qu’elles soient totalement vides (effet mémoire): idéal donc pour partir la batterie toujours pleine. Seule ombre au tableau, un coût de revient (et donc d’achat) plus élevé, mais qui sera cependant atténué par un meilleur rendement et une longévité plus importante (moins de changements à prévoir). La mode est à l'intégration optimisée dans le cadre. Mais d’autres solutions existent : placées à l'horizontal juste au-dessus du boitier de pédalier, et de manière plus classique sur le tube diagonal. Les trois fonctionnent bien finalement : avec le poids du moteur au pédalier, et les batteries placées assez basses, sera de par nature bas. C’est donc un choix davantage esthétique, les fabricants (et les consommateurs) souhaitant que les VTT AE ressemblent le plus possible à des bikes classiques.

Le panneau de commande

Placé sur le guidon, ils permet d’exploiter les différentes possibilités offertes par votre VTTAE (choix du niveau d’assistance) tout en continuant à rouler, grâce à des boutons physiques, les versions les plus avancées proposant un bouton poussoir dérivé placé juste à côté de la poignée pour un accès et une manipulation encore plus aisés. L’écran LCD fournit tout un tas d’informations utiles, comme la vitesse, la distance parcourue ou encore le niveau de batterie restante (utile pour gérer l’autonomie). Mais la tendance actuelle est au minimalisme avec de simples témoins batterie, le choix du mode d’assistance se faisant directement sur la batterie, voir même l’absence totale d’écran d’origine au guidon, avec la possibilité néanmoins de procéder aux réglages par le biais d’un GPS Garmin (uniquement certains modèles) ou d’applications smartphone dédiées : attention cependant à la casse éventuelle en cas de chute.

Concurrence grandissante

Si le marché ne comptait à ses débuts que deux fabricants, à savoir Bosch et Yamaha, de nouveaux fabricants viennent progressivement prendre part aux débats, avec chacun ses spécificités.

L’un des derniers arrivés est Bafang. Si l’on ne trouve pas encore de VTT de série équipés, la marque chinoise propose des kits à poser soi-même, certains des moteurs délivrant des puissances pouvant tutoyer les 750W, avec une gâchette au guidon et la possibilité de s’en servir sans pédaler, contrairement aux autres marques. On sort donc dans ce cas du cadre légal.

Longtemps attendu, le japonais Shimano, leader mondial sur le segment des équipements pour vélos débarque cette année avec sa série Steps E8000 proposant un moteur compact permettant d’obtenir des géométries assez proches de celles des vélos classiques avec des bases plus courtes pour plus de maniabilité, et trois modes d’assistance Trail, Eco et Boost pour une bonne capacité d’adaptation aux différents profils de terrain.

Marque allemande initialement spécialisée dans les moteurs électriques pour voitures, Brose propose des moteurs à gros couple particulièrement appréciables dans les montées très raides et délivrant une assistance naturelle quelle que soit la fréquence de pédalage. Très silencieux, leur intégration directe au cadre permet un centre de gravité bas. On les trouve en 250 W (en ce qui concerne les VTT) avec trois niveaux d’assistance.

L’allemand ​Bosh de son côté ne propose pas le moteur le plus coupleux, ce qui peut rendre assez compliquées les montées extrêmement raides, mais l’assistance est en revanche ultra naturelle avec une belle progressivité permettant de bien doser son effort lorsque la motricité est mauvaise. Les vététistes entraînés apprécieront tout particulièrement ses performances avec une fréquence de pédalage élevée.

Le Japonais ​Yamaha propose au contraire un moteur délivrant un gros couple (jusqu’à 15% d’écart avec Bosch), idéal pour s’attaquer à des ascensions bien ardues. Il préfère des fréquences de pédalage assez basses, ce qui sera particulièrement apprécié du promeneur du dimanche peu habitué à tourner les jambes rapidement, mais qui pourra légèrement agacer le vrai sportif ! Et rien à redire en termes d’autonomie puisqu’on a là l’une des solutions actuelles les moins énergivores.

Comportement sur le terrain

Ces vélos ont deux utilisations principales, la première étant d’être l’engin idéal de ceux qui ne peuvent plus faire de VTT, car trop exigeant physiquement. On peut y voir également un moyen de faire de beaux tours de VTT (à gros dénivelé) sur des créneaux très courts ou encore de pouvoir s’offrir une virée même fatigué après une journée de travail.

Le fonctionnement du moteur au pédalage se fait sentir d’entrée, et ce de manière très naturelle, quel que soit le niveau d’assistance sélectionné : plus l’effort fourni est important, plus la puissance délivrée par le vélo le sera elle aussi. Ainsi, en fournissant un effort minime, l’assistance sera moindre et la vitesse atteinte sera très proche de celle que vous pourriez obtenir sur un vélo classique. Mais les choses deviennent différentes lorsque l’on se décide à appuyer sur la pédale : le compteur s’affole pour atteindre des vitesses de plus de 20 km/h en montée même raide, au point même parfois de mettre de l’angle en virage. Un minimum de maîtrise dans le pilotage sera néanmoins nécessaire afin d’appréhender les différents obstacles (racines, pierres…) le plus en sécurité possible.

Et alors que l’on pourrait craindre un comportement en descente assez fade du fait d’un poids élevé, ils s’avèrent pour la plupart assez amusants, voire mieux que ça pour certains. Les VTT AE réagissent, à programme équivalent, de manière très similaire à celle d’un VTT classique (le freinage peut cependant surprendre dans un premier temps). Les choses deviennent même encore plus ludiques en optant pour une assistance en mode éco (le plus faible), avec une relance particulièrement efficace, sur du plat, du faux plat montant, ou suite à une trajectoire manquée : un coup de pédale et ça repart.

Actuellement, les VTT à assistance électrique sont globalement plus longs que les VTT classiques (la forme des moteurs est telle que les axes de bras oscillant sont obligatoirement assez éloignés de l’axe de pédalier), sans pour autant que cela ne gêne vraiment à l'usage. Ils font preuve d’une grande stabilité tout en conservant une maniabilité très honnête. Certaines marques essayent cependant de raccourcir leurs bases pour gagner en maniabilité, mais si cela s’avère efficace dans le très sinueux, les vélos seront nettement moins rassurants quand les choses s’accélèrent : un choix qui s’avèrera donc très pertinent pour le promeneur lambda, mais qui le sera bien moins pour celui qui cherche à lâcher les chevaux en descente à moins d’avoir un bon bagage technique... Et attention aux freins : il faudra pour des raisons de poids plus élevé, privilégier des gros disques pour avoir de la puissance, au risque de se retrouver en grosse surchauffe sur des longues descentes.

Zoom sur 5 VTT AE

Haibike Sduro AllMtn 5.0
Lapierre Overvolt AM 800 Carbon
Moustache Samedi 27 Race 6
Scott E-Genius 720 Plus
Specialized Levo FSR Expert CE 6Fattie 2017

Crédits photo : MCF / F.Corsi

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