21.02
2012 Activités

Jadis réservé presque exclusivement aux très bons skieurs, le ski hors-piste est devenu accessible à un public beaucoup plus large, grâce à l’évolution du matériel et à une offre élargie de la part des moniteurs de ski et autres guides. Alors pourquoi ne franchiriez-vous pas le pas cet hiver?

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Une pratique accessible à tous

Une belle pente recouverte de neige fraîche, à l’écart des remontées mécaniques, dans lequel on est le premier à poser sa trace, avec le sentiment de skier sur du velours… C’est dans cette situation que rêvent de se retrouver tous les freeriders, mais plus généralement l’ensemble des skieurs avides de liberté et de sensations fortes.

Il y a quelques années, cette quête du Graal était absolument inenvisageable pour un skieur occasionnel. En cause ? Les skis droits, qui exigeaient à la fois une technique parfaite et une condition physique irréprochable pour parvenir à tourner dans la poudreuse. L’évolution du matériel a largement contribué à démocratiser le ski hors-piste. Tous les skis sont désormais paraboliques – leur taille de guêpe permet de les faire tourner sans effort ou presque – et un nombre croissant d’entre eux sont dotés d’un rocker, autrement dit d’une spatule rallongée et accentuée qui permet au ski de déjauger plus facilement en poudreuse. En conséquence, il n’est plus nécessaire de skier complètement sur l’arrière – ce qui est extrêmement éprouvant pour les cuisses mais aussi pour les genoux – comme c’était l’usage jusqu’au milieu des années 1990. « Il faut au contraire être bien équilibré, rester au milieu de ses skis, ni trop vers l’avant, ni trop vers l’arrière, explique Patrick Paltz, directeur technique de l’Ecole du Ski Français de Val d’Isère. Sinon, on risque d’avoir plus de mal à compenser les phénomènes d’accélération et de freinage, assez fréquents en hors-piste à cause de la variation de l’épaisseur de neige. L’autre élément clé, c’est de garder le ski bien à plat, d’éviter de se retrouver trop sur les carres. Autant sur piste, on a toujours un appui plus marqué sur le ski extérieur, autant en hors-piste il faut bien répartir le poids sur les deux skis. »

Allez-y progressivement

Pour bien assimiler toutes ces techniques, l’idéal est évidemment de prendre des cours avec des moniteurs diplômés. Un nombre croissant d’écoles de ski proposent d’ailleurs des cours adaptés à cette pratique. « Il est possible de commencer le hors-piste à partir de la classe 3 – niveau piste rouge. Ça va d’ailleurs faire partie de la progression générale du skieur. Le choix du terrain est primordial. Il est aussi important d’avoir du matériel adapté. Sans ça, on peut facilement s’embarquer dans de grosses galères, or la notion de plaisir doit être prépondérante », précise Patrick Paltz. Pour votre première sortie en hors-piste, le moniteur choisira généralement un hors-piste dit de proximité, c'est-à-dire des pentes situées la plupart du temps en bordure des pistes balisées. « Il faut vraiment y aller progressivement. On peut déjà commencer par évoluer sur un hors-piste damé par le passage des skieurs. Il n’y aura pas vraiment de poudreuse épaisse, mais on sentira déjà une neige souvent plus douce que sur la piste. Après, on peut rechercher des pentes avec 10 à 15 centimètres de neige fraîche, pas trop raides de préférence. Dans la mesure du possible, il faut essayer de rester dans la ligne de pente, pour garder une bonne portance », détaille Patrick Paltz. Concernant le matériel, équipez-vous de skis un peu plus grands que sur piste (5 à 10 centimètres de plus que votre taille, alors qu’on prend plutôt 5 cm de moins que sa taille sur piste), également un peu plus larges.

L’apprentissage du hors-piste, ce n’est pas seulement l’acquisition d’une autre technique de ski. C’est aussi l’assimilation de règles de sécurité indispensables. « Il faut toujours rester humble face à la montagne, et ne pas hésiter à faire demi-tour ou à choisir un itinéraire moins ambitieux que prévu. Il faut aussi apprendre à se servir d’un Arva (appareil de recherche des victimes d’avalanche), observer la neige, ne pas s’engager à plusieurs de front dans une pente vierge,etc », conseille Patrick Paltz.

Pour ce dernier, « il faut quand même une à deux semaines de pratique pour arriver à vraiment se sentir à l’aise en hors-piste. Mais on en retire un plaisir très important. On éprouve de vraies sensations de douceur, de liberté et de tranquillité. On peut se retrouver dans des ambiances de haute- montagne, sans forcément évoluer dans des endroits extrêmes. »

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