26.01
2017 Evénements et actualités

29%. C’est le pourcentage des pistes de ski françaises équipées en neige de culture. C’est aussi globalement la proportion du chiffre d’affaires des domaines skiables investie chaque année pour la fabriquer. Comment et quand est produite la neige de culture ? Dans quelle optique ? Et est-elle si différente de sa consœur atmosphérique ? Éléments de réponse.

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Si les stations sont prêtes à investir 300 millions d’euros au global, c’est parce que la neige de culture a permis une réduction sensible de leur exposition à l’aléa climatique. « En 1989-1990 – premier grand hiver sans neige – la fréquentation des domaines skiables français avait chuté de 30 % par rapport à l’hiver précédent. En 2006-2007, avec des conditions similaires, cette baisse de fréquentation n’avait été que de 15 %. Et ce en grande partie grâce à la neige de culture », rappelle Laurent Reynaud, le délégué général de Domaines Skiables de France.

La recette de la neige de culture ? De l’air, de l’eau et du froid ! En pulvérisant, via les enneigeurs, des gouttelettes d'eau sous pression dans un air à une température négative, elles gèlent instantanément et se transforment en flocons de neige en retombant.  « Globalement, la production démarre à -2°C ou -3°C. On peut aussi théoriquement produire à 0°C ou 1°C si le taux d’humidité très faible, mais c’est peu pertinent économiquement, parce qu’on consomme beaucoup d’énergie pour un faible volume de production », estime Christophe Medan, nivoculteur à Gourette, et président de l’Association nationale des professionnels de la neige de culture.

Les « faiseurs » de neige sont capables de produire différentes qualités de neige, suivant les usages souhaités, de la neige dure pour constituer une bonne sous-couche en pré-saison, jusqu’à de la poudreuse très agréable à skier fraîchement tombée. Néanmoins, sa qualité se dégrade plus rapidement que celle de la neige naturelle. En revanche, contrairement à cette dernière, l’or blanc fabriqué par l’homme résiste mieux à l’abrasion produite par le passage des skieurs, ainsi qu’à la fonte des neiges. Cette résistance provient de sa densité supérieure.

En moyenne, 80 % de la neige de culture est produite en novembre et décembre, avant même le coup d’envoi de la saison de ski. Ceci afin de former une bonne sous-couche. Et quand les périodes de froid alternent avec les redoux, il faut pouvoir exploiter les créneaux de températures négatives au mieux et sans perdre de temps. Rien n’est donc laissé au hasard : « Je m’appuie au quotidien sur un bulletin météo spécialement établi par Météo France, avec des données sur la nébulosité , l’altitude de l’isotherme O°C, la force et la direction du vent ou encore le taux d’humidité », explique Christophe Medan, précisant que dans sa station, le réseau de neige de culture à la pointe de la technologie, est en mesure d’enneiger 50 % du domaine skiable en 70 heures seulement. 

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