24.11
2014 Nature et découverte

Sarenne, La Verte, Bellevarde… sont aux skieurs ce que les cols du Galibier ou du Tourmalet sont au cyclistes : des pistes qu’il faut avoir fait au moins une fois dans sa vie ! Elles ont en effet ce petit supplément d’âme qui les rend incontournables. S’y engager ne revient pas seulement à descendre une piste de ski, mais à vivre une expérience inoubliable. La sélection de France Montagnes.

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Sarenne, à l’Alpe d’Huez

16 km de long, 1830 m de dénivelé négatif entre le sommet du Pic Blanc et le pont du Gua, plus d’une heure de descente pour des skieurs de niveau moyen… Sarenne, piste la plus longue d'Europe, est assurément une piste à part, dévalée quotidiennement par plus de 1000 skieurs. Accessible depuis 1962 – date de l’inauguration du téléphérique du Pic Blanc – elle n’était à l’origine qu’un itinéraire hors-piste fréquenté uniquement par les skieurs de très bon niveau. Ce n’est que lors de l’hiver 1977 qu’elle devient une piste. Dès son ouverture et jusqu’en 1991, un « derby » (consistant à la descendre le plus rapidement possible, avec un libre choix de sa trajectoire) y est même organisé, les meilleurs mettant moins de cinq minutes! Mais il est presque dommage de la dévaler aussi vite. L’atout numéro un de Sarenne, c’est d’abord le cadre sauvage dans lequel elle permet d’évoluer, avec au départ – depuis la terrasse du Pic Blanc – un panorama classé quatre étoiles au guide Michelin. Nouveauté de cet hiver, l’installation de 72 enneigeurs devrait la rendre accessible près de 140 jours par an, contre 50 auparavant.

L’Aiguille Rouge, aux Arcs

Cette piste qui oscille entre le noir et le rouge a ceci d’exceptionnel qu’elle permet de glisser d’une traite du sommet du domaine skiable des Arcs (l’Aiguille Rouge, située à 3226 m d’altitude) à son point le plus bas (le village de Villaroger, 1200 m), soit une descente de 7 km pour 2000 mètres de dénivelé négatif ! Avant de faire vos premiers virages, prenez le temps de contempler le panorama exceptionnel qui s’offre à vous, sur les Alpes françaises, suisses et italiennes, et même la chaîne du Jura lorsque les conditions sont bonnes. La première partie de la descente s’effectue sur le glacier, sur une piste large où les amateurs de vitesse pourront se faire plaisir en taillant de grandes courbes. Elle se poursuit sur une crête séparant les vallées de l’Arc et de Villaroger, donnant parfois une légère impression de vertige, avec le mont Blanc en toile de fond. La végétation (pins et mélèzes) apparaît vers 2200 mètres d’altitude. C’est aussi à ce moment-là que la piste devient plus sportive, avec pas mal de champs de bosses selon les conditions, que les skieurs moins aguerris peuvent néanmoins contourner par diverses variantes plus douces. A noter que les 800 derniers mètres s’effectuent intégralement en forêt. Pauses café et restauration à mi-parcours et à Villaroger. Versant Est, Nord Est , à pratiquer de préférence en matinée, pour une descente ensoleillée.

Les Cascades, à Flaine / Grand Massif

Créée en 1994, la piste des Cascades est bien plus qu’une piste de liaison permettant de rejoindre Sixt-Fer-à-Cheval depuis Flaine, deux des stations qui composent le domaine skiable du Grand Massif. Elle ravira les amateurs de balade et de beaux paysages, le long de ses 14 km et 1700 mètres de dénivelé. Peu technique (il s’agit d’une piste bleue), elle serpente à travers alpages et forêts, en bordure de la Réserve naturelle de Sixt-Fer-à-Cheval. Elle offre un panorama grand large sur les grands sommets du Mont-Blanc, au départ de la piste (mont Blanc, Aiguille du Midi, mont Blanc du Tacul, Dent du Géant, Grandes Jorasses,etc) puis, pendant la descente, sur la chaîne des Fitz, la Pointe d’Anterne, le Pas de Sales, le Fer à Cheval, la Dent du Midi (en Suisse)… Cerise sur le gâteau, il n’est pas rare d’y apercevoir des chamois ou des bouquetins. Elle démarre du sommet du télésiège du col de Platé (2480 m d’altitude, à Flaine) et s’achève à Sixt. Le retour vers les autres stations du Grand Massif (Flaine, Morillon, Samoëns et les Carroz) s’effectue en navette gratuite.

La Verte, aux Houches

Contrairement à ce que son nom laisse penser, la Verte des Houches est … une piste noire ! Il faut dire qu’à l’époque de sa création, la classification des pistes ne répondait pas au même code couleur qu’aujourd’hui. La Verte, c’est surtout l’une des très rares pistes en France homologuée pour accueillir des descentes de coupe du monde de ski alpin. Le « Kandahar » (surnom de l’épreuve des Houches) reviendra d’ailleurs au calendrier le 20 février 2016, après quatre ans d’absence. En chiffres, la Verte des Houches, c’est 3343 mètres de longueur pour 870 mètres de dénivelé, des pointes de vitesse à 140 Km/h, des sauts pouvant aller jusqu’à 80 mètres de long... Pour le journaliste Gilles Chappaz, auteur d’un livre sur les pistes de légende, « c’est la piste historique de descente en France, très complète et qui ne consacre que les grands champions ». Vous l'aurez compris, pour la descendre, il faut être un bon skieur. Non seulement, parce qu'elle est souvent gelée car ombragée, mais aussi parce qu'elle est rythmée par de nombreux passages techniques et délicats. Les plus fameux ? La Cassure et le Goulet, redoutés par les meilleurs descendeurs mondiaux.

La Face de Bellevarde, à Val d’Isère

Bellevarde est une piste à part sur le circuit de la Coupe du monde de ski alpin. Là où la majorité des descentes voient les skieurs flirter avec les 110 km/h de moyenne, on dépasse à peine les 80 km/h sur la piste qui accueillit la descente masculine des Jeux Olympiques d’Albertville, en 1992. « Elle est unique par sa pente, sa difficulté, son manque de classicisme, avec des passages anachroniques comme celui de l’Ancolie ». Son grand atout selon le journaliste, face à ses homologues du circuit international, c'est que depuis le bas, les spectateurs peuvent suivre quasiment dans son intégralité la course des skieurs, alors que sur les autres pistes du circuit, il n'est possible de voir qu'une infime partie de leur descente. En vous élançant sur les trois kilomètres de cette piste qui affiche 960 mètres de dénivelé, vous skierez dans les traces de Franck Piccard, devenu vice-champion olympique de descente sur cette Face, où le vainqueur n’est pas celui qui réalise la course parfaite, mais celui qui fait le moins d’erreurs.

La Luc-Alphand, à Serre-Chevalier

Depuis le front de neige de Chantemerle (l’un des villages qui composent le domaine de Serre-Chevalier), on ne voit qu’elle, ou plus exactement son mur final. A l’origine, cette piste noire créée en 1940 et élargie en 1988 s’appelait l’Olympique. Elle fut rebaptisée « Luc Alphand » en hommage à l'enfant du pays, vainqueur du classement général de la coupe du monde en 1997. Sur ses 650 m de dénivelé (pour une longueur de 1990 m), elle serpente entre les chalets d’alpage et les mélèzes. Elle présente quelques passages délicats si vous décidez de lâcher les chevaux, en particulier le passage de la Broue, très pentu et en dévers. Le schuss final est aussi particulièrement raide. Cette piste Luc Alphand a été le théâtre de quatre épreuves féminines de coupe du monde de ski alpin : une descente en 1991, un slalom en 1996, un géant et un slalom en 1999. Cette piste étant très fréquentée, il est préférable de l’emprunter le matin.

Texte ©Actumontagne

Crédits photos :

©Emmanuel Moy

©Anne-Sophie Jean

©Laurent Salino

©PittWEBB

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