01.08
2012 Style

Véritable légende du ski français, l'ancien champion du Monde et médaillé olympique de ski alpin, Emile Allais s'est éteint le 17 octobre 2012. Hommage à ce passionné à travers une interview réalisée à l'occasion de son 100ème anniversaire, un moment de bonheur partagé avec les siens, venus nombreux dans « sa » station de Megève. 

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Votre montagne se situe où ?

EMILE ALLAIS : Traditionnellement une montagne est un chalet d'alpage où l'on se rend en été pour offrir un bon pâturage aux vaches. La mienne, celle de mon enfance, est située entre le Jaillet et le Christomet, à Megève, face au Mont Blanc.

C'est un endroit super où petit je passais les étés avec ma grand-mère. J'étais berger dès l'âge de six ans et je partais avec mon troupeau de chèvre et de moutons à la journée, je ne rentrais qu'à la nuit tombante, je connais chaque ruisseau, chaque ravin, chaque pierre de cet endroit, c'est mon domaine. J'étais heureux là-haut, la seule chose qui me manquait était ma mère qui restait à la boulangerie à Megève et que je ne voyais qu'une à deux fois par été. Le chalet existe toujours, on passe devant à ski l'hiver et l'été nous y faisons de grands pique-niques avec toute la famille…

Comment vivez-vous la montagne ?

La montagne c'est ma vie, c'est un lieu où tout le monde peut venir se ressourcer. J'ai eu la chance d'aller sur plusieurs continents pour voir sa diversité. Descendre une pente vierge à ski fait sans doute partie de mes plus grandes émotions. Sentir que le cœur s'accélère avant le premier virage lorsqu'on se lance dans une face c'est vraiment fort et beau. Mais je me réjouis tous les jours en voyant les enfants sur la piste de débutant devant chez moi. La montagne c'est tout cela. Seule la haute montagne me fait peur car j'y ai perdu trop d'amis, mais je suis fier que mon gendre François Pallandre et aussi mon neveu Olivier Besson soient allés au sommet de l'Everest.

Quelle déco de montagne aimez-vous ?

J'aime beaucoup les meubles anciens. Avec ma femme Mireille nous passions beaucoup de temps chez les antiquaires pour en dénicher. Mais j'aime aussi trouver de beaux luminaires et des objets, j'en ai d'ailleurs ramenés du Chili, j’y tenais beaucoup. Un de mes préférés encore aujourd'hui est une œuvre de l'artiste Pierre Margara : une main très effilée en bois dont les doigts se terminent en spatule de ski. J'ai longtemps été passionné par les horloges bressannes. J'apprécie les ambiances feutrées, la chaleur du bois brut, le style savoyard me convient bien !

Votre plus beau souvenir en montagne ?

Mon arrivée dans les Andes et en particulier à Portillo avec le petit refuge qui a ensuite été remplacé par un superbe hôtel, les condors immenses qui viennent se poser sur la rambarde de la terrasse, le lac qui la nuit brille de mille cristaux (il y a d'ailleurs une légende d'une fée qui serait tombée dans le lac et qui l'illuminerait la nuit), le ski sur les volcans dans le sud, les sources d'eau chaude où l'on se baigne au milieu d'une descente, le contraste mer et montagne avec le climat qui offre une neige fantastique et surtout les Chiliens qui sont si adorables...

Votre lieu secret en montagne ?

Je n’ai pas de secret ! Quand je trouve un beau site, je le partage en y emmenant des gens…

Votre bon plan en montagne ?

Le chocolat chaud… quand j'étais petit et que j'étais berger je partais toujours avec ma barre de chocolat que je faisais fondre avec un peu de lait que je venais de traire pour mon quatre heures. Je trouve qu'en rentrant du ski il n'y a rien de mieux qu'un bon chocolat chaud et fumant. Ma femme en prépare toujours à mes petits enfants quand ils rentrent du ski, du vrai avec du chocolat fondu, ils adorent. Vous savez, j'ai même fait de la pub pour Tonimalt !

Recueilli par C.B avec K.A / Free Presse

Photo Agence Zoom

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