11.05
2012 Style

Pierre et Catherine cherchaient depuis longtemps une maison qui leur ressemble. Ce couple était à la quête d’un lieu à vivre qui ait une âme, avec de l’espace, beaucoup d’espace… Un rêve difficile à débusquer dans la région de Genève ces dernières années. Mais, un jour, Catherine entend parler d’une grange située de l’autre côté de la frontière, en France. Dans un petit hameau, à l’entrée de Veigy, en Haute-Savoie.

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De loin, elle ressemblait à une simple maison villageoise. Mais plus elle s’en approchait, plus elle réalisait la grandeur de cette bâtisse… remplie de foin. A l’époque, on y entreposait les récoltes et « on y entrait même à cheval », se remémore Paulette, la voisine. Des bergers et des ouvriers agricoles vivaient dans les dépendances. Il fallait alors beaucoup d’imagination pour visualiser un havre cosy et bourgeois dans cette vieille bicoque. Mais c’est le coup de cœur instantané pour cette grange construite au début du siècle (en 1890), et entourée de domaines agricoles.

A l’intérieur, la bâtisse a des dimensions spectaculaires, aux allures de cathédrale : 600 m2 répartis sur deux étages et près de 3000 m3 de volume, du fait de sa hauteur. « J’ai senti tout de suite que c’était la maison de notre vie » s’enthousiasme Catherine, décoratrice de son état, propriétaire de la boutique Ars Vivendi à Genève (www.deco-arsvivendi.ch), et qui se voyait déjà exprimer son savoir-faire sur ce vaste terrain de jeu. Il ne faut pas plus de deux mois au couple pour expédier les papiers administratifs et signer le contrat de propriété. Les travaux de base de réfection ont duré une année, surtout dans le but de consolider les murs d’origine. Il aura également fallu 170 tonnes de béton pour refaire la dalle, autrement dit le poids d’un airbus ! Toute la difficulté était de maintenir l’écartement de la charpente haute de près de 14 mètres pour qu’elle ne vacille pas. Aujourd’hui, l’architecture (réalisée par l'architecte genevois Bernd Harden) est solide et la grange réhabilitée est un véritable joyau imaginé par ses propriétaires.

Clins d'oeil à l'histoire de la maison

Lorsqu’on arrive depuis l’allée pavée, la maison en impose surtout par ses grandes baies vitrées et sa gigantesque porte de manoir. Une porte d’envergure tout à fait appropriée qui s’ouvre sur 300m2 de surface au rez de chaussée. Le hall d’entrée est bordé de murs de pierres brutes. Autre clin d’œil au passé de la bâtisse : les ouvertures sur la cuisine, façon meurtrières, mais qui sont en réalité les vestiges des mangeoires des bêtes. Ingénieusement sauvegardées, ces ajournements deviennent des puits de lumière depuis et vers la cuisine. A gauche, la salle à manger, digne de recevoir une tablée de chevalier, peut accueillir plus de quatorze convives. Côté matériaux, le bois et la pierre noble donnent à cette grange l'atmosphère d'un château préservé au cours des décennies. Essentielle, la lumière pénètre dans toute la maison, de la façade nord à la façade sud, grâce aux larges baies vitrées qui se font face.
Au milieu du hall, un grand escalier mène au premier étage. S'y découvre quatre espaces salon avec un espace bibliothèque, une chambre de maître avec salle de bain intégrée et un dressing qui tentent d’occuper les 300 m2.

Des oeuvres d'art en guise de déco

Plusieurs niveaux font office de séparation entre les différents espaces. Deux balustrades en verre entourent la cage d’escalier, ceci afin de ne pas couper l’espace. Le parquet en bois d’origine donne beaucoup de cachet à ce triptyque de salon, sans compter la passerelle, suspendue au plafond, où était entreposé le foin. Une poulie au centre et des cordes permettent encore de l’abaisser et de la faire descendre jusqu’au sol. Partout, de grandes fenêtres avec vue sur la nature verdoyante. Chaises ou sofas de designers, han (terres cuites chinoises du deuxième siècle), bronzes, œuvres d’art, dessins, photos (de Frank Thiel ou Jean-Baptiste Huynh), statues africaines… Toutes ces belles pièces d’art ou de collection ont été chinées ou représentent des souvenirs de voyages.
Niveau couleurs, des valeurs sûres : bois, gris pierre, écru, tout est raccord, jusqu’au tapis, voire aux coussins en peau.
Catherine confesse qu’en hiver, elle passe le plus clair de son temps dans le salon le plus proche de la chambre. Le salon qui se trouve tout à gauche, elle ne l’occupe jamais ! L’espace est si vaste… Qui ne rêverait pas d’un 600m2… Et pourtant, cette surface et ce volumes ont leurs désagréments : tous les cinq ans il faut faire venir une entreprise qui installe ses échafaudages… pour retirer les toiles d’araignées nichées dans les plafonds ! En été, c’est dans le jardin, tout aussi vaste, que le couple passe le plus clair de son temps. Ils ont même racheté du terrain sur les champs alentours pour ne pas voir de nouvelles constructions défigurer la vue imprenable sur les forêts….

Texte: Maxime Pégatoquet/mc2

Photos: David Gagnebin-de-Bons & Benoît Pointet/mc2

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