07.12
2016 Style

Les nouveaux textiles dit intelligents sont apparus avec le XXIème siècle et ils bousculent déjà les habitudes en matière de protection, de soins et de communication. 

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Les textiles intelligents intègrent des fibres ou des composants réactifs pouvant détecter et analyser des variations du milieu environnant et ensuite réagir en adaptant la réponse à ces paramètres, voire à la transmettre à distance. Grâce aux nanotechnologies, des vêtements qui soignent ou qui contrôlent les paramètres vitaux ne relèvent plus seulement de la science-fiction.

La révolution du nylon

La recherche en matière de textile n’est pourtant pas récente. À la fin du XIXe siècle, des fibres à base de cellulose permettent l’invention de la rayonne et de l’acétate qui imitent les fibres naturelles. La découverte du nylon, en 1935, par Wallace Carothers, chimiste chez DuPont de Nemours, révolutionne le textile. C’est le début de la production de diverses fibres à base de molécules chimiques issues du pétrole, les polymères (polyesters, polyamides, modal…). Ces fibres ont été utilisées dans un premier temps pour renforcer les propriétés des fibres naturelles, en baisser le coût et en améliorer l’entretien. Aujourd’hui, les fibres techniques envahissent tous les secteurs, du vêtement à la cosmétique, en passant par le bâtiment, la médecine, le génie civil…

Les fibres synthétiques d’aujourd’hui sont les héritières du nylon, inventé en 1935. ©Polartec®

La protection avant tout

Les sports d’hiver, qu’ils soient amateurs ou de haut niveau, ouvrent les champs des possibles pour les nouvelles fibres. Les notions de confort et de plaisir avant, pendant et après l’utilisation du vêtement de montagne sont essentielles et déterminent le choix de la tenue, la fonction principale des équipements étant la protection face aux éléments (neige, vent, froid, chaleur, pluie…).

La membrane Gore-Tex, une protection face aux éléments climatiques. ©Gore-Tex®

Les membranes imperméables et respirantes répondent à ces exigences : aération du corps et vêtements légers, esthétiques et durables. Les deux types de membranes imper-respirantes les plus utilisées sont celles de type Gore-Tex, une membrane Téflon laminée sur tissu extérieur, et celles de type MP+, un principe chimique qui repose sur la présence de molécules hydrophiles au sein du matériau. Ce sont toutefois des textiles techniques, répondant à des problématiques mais qui, contrairement aux fibres intelligentes, n’analysent pas les variations environnantes.

Les fibres intelligentes

Aujourd’hui, les fibres technologiques parviennent non seulement à protéger des conditions météorologiques mais également à améliorer les performances en agissant comme dopant sur certaines fonctions naturelles. En 2002, Odlo, la marque suisse qui fabrique des sous-vêtements techniques pour sportifs depuis 1946, développe la fibre Effect et crée le premier sous-vêtement qui limite le développement des odeurs grâce à l’ajout d’ions d’argent antibactérien.

La marque suisse Xbionic, spécialisée dans les sous-couches, utilise une technique inspirée de l’équipement des spationautes qui stocke la transpiration et la transforme en réservoir à chaleur grâce à l’énergie du sportif ; la chaleur ainsi emmagasinée permet de réchauffer le corps après l’effort.

Des sous-couches en fibres intelligentes. ©XBionic

En France, Lycra Sport et Rossignol Textile ont développé ensemble une gamme destinée au ski de fond, la Rossignol Innovative Compression. Des t-shirts et des collants à porter en sous-couche ou même seuls qui réduisent le rythme cardiaque, la formation d’acide lactique et la consommation d’oxygène et améliorent l’alignement musculaire tout en garantissant confort et durabilité.

Le naturel

Parallèlement à la recherche sur les fibres issues des produits pétroliers, on assiste actuellement à un retour aux matières naturelles comme la laine (mérinos notamment). Surfant sur la vague du développement durable et face à la demande de nombreux consommateurs concernés par la protection de la planète, les fabricants se tournent de nouveau vers les matières originelles, intéressés par leurs qualités et par le profit commercial qu’ils peuvent en tirer.

Natural Peaks, marque créée par un moniteur de ski français, propose des vêtements fabriqués à partir de fibres naturelles de bois de hêtre et d’eucalyptus. Elle a ainsi développé le WoodWear® qui associe le ProModal, combinaison de différents matériaux : le Lenzing Modal, issu de cellulose reconstituée du bois de hêtre, et le Tencel, issu de cellulose de pulpe de bois d’eucalyptus. Le tissu, respectueux de l’environnement car utilisant un bois issu de forêts à gestion durable et recyclable, possède les mêmes caractéristiques que les tissus techniques synthétiques.

Une touche de lycra et de la laine mérinos pour l’ensemble sous-couche Winter Zone LS Half Zip et une doublure 100% naturelle pour la veste MerinoLOFT®, Helix LS zip. ©Icebreaker

Icebreaker, marque néo-zélandaise, fabrique des vêtements en laine de mouton mérinos de Nouvelle-Zélande. La laine est longue, fine, douce, ne colle pas à la peau, n’est pas malodorante et protège contre les températures les plus froides. La force de vente de la marque est sa communication sur son éthique d’élevage, de recyclage et de respect de ses employés, des animaux et de la terre où ils sont élevés.

 

« Fashion Altitude. Mode et montagne du XVIIIe siècle à nos jours »
Exposition à voir et revoir au couvent Sainte-Cécile à Grenoble jusqu’au 4 mars.
Du lundi au samedi de 11h à 13h00 et de 13h30 à 19h
www.couventsaintececile.com

Couverture : Les machines de production Xbionic  ©Xbionic  

 

Nadine CHABOUD 

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