13.12
2011 Activités

Non-voyant, paraplégique ou souffrant d’une infirmité moteur-cérébrale, le skieur qui évolue sur la piste sous vos yeux pensait, hier encore, ne jamais pouvoir goûter aux joies de la neige. Pourtant, ce matin, il a franchi la porte d’une école de ski pour accomplir son rêve : se mettre au ski !

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« A condition de respecter les spécificités de chaque handicap, explique Jérôme, moniteur à Val d’Isère, tout le monde peut envisager la découverte de la glisse. Après avoir validé leur diplôme d’état générique, les moniteurs qui le souhaitent, forcément volontaires, peuvent en effet suivre une formation spéciale, qui leur permet de se familiariser avec le matériel, la technique spécifique et les manipulations aux remontées mécaniques. » Ces professionnels, habitués à gérer les situations les plus diverses, aident les personnes fragilisées à surmonter les petites angoisses que peut générer la découverte de l’activité. Un tétraplégique, par exemple, ne sent pas le froid : c’est son moniteur qui devra veiller à ce qu’il soit suffisament vêtu.

Micro et haut-parleur pour le professionnel qui guide le non-voyant, engin entièrement piloté par le moniteur pour le tétraplégique (ou les personnes âgées en tandem-ski), chaque type de matériel est adapté aux capacités physiques du public concerné. Côté sensations fortes, la palme revient évidemment aux fauteuils pour les paraplégiques ou autres handicapés physiques, qui contrôlent leur vitesse et leur trajectoire en autonomie. Le moniteur leur apprend à manœuvrer et les assiste au moment de prendre les remontées mécaniques. « En termes de ressenti, là, on peut vraiment parler de ski, s’enthousiasme Jérôme. Tu fais des courbes, tu prends de l’angle avec le fauteuil, tu fais du coupé, c’est sensationnel ! D’ailleurs, lors de notre formation, nous essayons le matériel et nous en sortons tous bluffés. » Ce matériel, très onéreux, est fourni par les écoles de ski (plusieurs ESF se regroupent parfois pour faire l’investissement, aidées parfois d’associations). Tous peuvent s’essayer à ces pratiques : anciens skieurs ayant souffert d’un accident et désireux de renouer avec leur sport mais aussi handicapés n’ayant jamais osé essayer auparavant. « C’est particulièrement efficace pour redonner de la joie de vivre à un adolescent, par exemple, les séances sont pleines d’ambiance, pas pépères du tout ! »

La sécurité, évidemment, reste la priorité numéro 1 des professionnels qui encadrent les handicapés et le principal problème, parfois, pour eux est… de s’apercevoir à temps du handicap qui touche leur client ! « Cela paraît dingue, explique Nicolas, moniteur spécialiste de stages freeride à l’école de ski d’Arêches-Beaufort, mais j’ai réalisé tout à fait par hasard qu’un client ne voyait pas. Il n’arrêtait pas de skier sur mes talons. Lorsque je lui ai demandé de garder ses distances, il m’a répondu que cela lui était impossible : il était malvoyant ! Un conseil : il vaut mieux nous prévenir avant de partir, pour que nous puissions adapter au mieux la sortie. Dans mon cas, j’aurais choisi un itinéraire avec moins de sapins ! Cela dit, nous étions absolument ravis tous les deux.» Le ski, un plaisir à ne pas bouder, avec ou sans handicap !


 

Par Myriam Cornu / Free Presse

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