08.07
2013 Activités

Les chemins de randonnée se parcourent à pied, en VTT mais aussi de plus en plus à cheval. Une façon différente de découvrir paysages et alpages, hameaux haut-perchés, torrents bouillonnants ou lacs tranquilles. L’occasion aussi d’approcher de plus près la faune sauvage. La randonnée équestre en montagne s’adresse à tout le monde, cavalier ou non, moyennant quelques leçons d’initiation au préalable. Alors en selle !

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Nos montagnes sont des haut-lieux du tourisme équestre. Parcourir leurs sentiers balisés en compagnie de la plus belle conquête de l’homme permet de faire corps avec la nature. « A cheval, c’est une évasion différente de celle que l’on peut avoir à pied », assure Sophie Torterotot, la fondatrice de Crinières aux vents. Cette structure équestre est installée dans le massif de Belledonne, prés des stations du Collet d’Allevard et des 7 Laux en Isère, un département qui compte 1600 km de circuits balisés. «C’est le cheval qui fournit l’effort, alors le cavalier peut vraiment profiter des paysages et en prendre plein les yeux », explique la jeune femme. Juché sur un équidé, on peut aussi approcher la faune (chevreuils, bouquetins et marmottes) comme il est impossible de le faire à pied, trop vite repéré ! « Pour les cavaliers habitués des centres équestres ou pour les citadins, la randonnée équestre est l’occasion de redécouvrir le cheval dans son milieu naturel », souligne la guide équestre qui accueille des cavaliers de tous niveaux et entend désacraliser la randonnée en montagne. « Elle fait un peu peur en raison du relief et des terrains parfois accidentés qui la caractérisent, mais nous nous adaptons au profil de nos clients », affirme-t-elle, précisant encore que ses chevaux étaient habitués à la pente et connaissent leur job !

« En montagne, les professionnels ont effectivement une cavalerie adaptée », confirme ainsi son confrère pyrénéen Laurent Levoyer, l’un des douze guides du bureau des guides équestres transpyrénéens. Eux privilégient les races locales au pied montagnard. « J’ai une préférence pour le Castillonnais, moins connu que son cousin le Mérens, dont il se distingue par une robe plus claire, mais tout aussi rustique, agile et porteur. Et puis les guides équestres de montagne connaissent bien ce milieu et sa météo changeante», souligne le guide ariégeois qui fait partager à ses randonneurs ses connaissances en astronomie et en botanique. «Cela fait partie de notre métier, nous sommes des passeurs ».

4 à 5 heures de monte

Laurent Levoyer estime que pour apprécier la randonnée à cheval au long cours, il est néanmoins indispensable de prendre avant quelques leçons d’équitation, même si l’allure principale reste le pas. Ne dit-on pas, qui veut aller loin ménage sa monture ? « Pour les randonnées de plusieurs jours, comme les transpyrénéennes, mieux vaut aussi avoir un minimum de forme physique, car les étapes oscillent entre 4 et 5 heures à cheval par jour. Autrefois c’était même entre 6 et 7 heures ». Sans compter qu’en rando équestre, les cavaliers marchent toujours un peu ; dans les passages délicats ou pour soulager le dos de leur monture. « En général, ils apprécient de mettre pied à terre et de marcher quelques minutes au rythme de leur compagnon. Ils peuvent ainsi se dégourdir les jambes », témoigne Sophie Torterotot qui se fait par ailleurs fort de soigner la pause casse-croûte du midi. Et cela même en complète autonomie ! « Je prépare toujours des salades à midi, pas question d’avaler n’importe quoi et en quatrième vitesse. On s’alimente en produits frais et locaux en cours de route, et on prend son temps, ça fait partie du plaisir de la randonnée à cheval ».

Quand au bivouac, moment convivial par excellence, toutes les formules existent. La tente ou la belle étoile pour les plus aventuriers. Les refuges, les gîtes ou les auberges pour ceux qui préfèrent un dîner à table et dormir entre quatre murs. La tendance est de mixer les hébergements, voire de randonner de gîte en gîte. « C’est l’évolution de la société qui fait qu’aujourd’hui, les randonneurs tiennent de plus en en plus à leur confort », constate Laurent Levoyer. « Certaines personnes pensent aussi qu’en randonnée équestre l’hygiène laisse à désirer et du coup hésitent à franchir le pas. Et bien je veux les rassurer. On peut toujours faire une toilette de chat lorsqu’on arrive à un point d’eau pour abreuver les chevaux. On peut aussi se laver dans les torrents ou les lacs de montagne. C'est frais, mais c’est revigorant et c’est une expérience unique ! », promet Sophie qui s’arrange toujours pour alterner couchages spartiates et nuitées tout confort !

Quoi qu’il en soit, lorsque l’heure du bivouac sonne, la règle d’or c’est de s’occuper d’abord et toujours du bien-être de son cheval avant celui du cavalier. Il veille à ses éventuels bobos aux sabots et au dos, il vérifie qu’il est bien installé pour la nuit. Car le lendemain, c’est lui qui mettra toute son ardeur à lui faciliter la découverte des mondes d’en haut.

Idées de rando

Pour une découverte de la randonnée équestre, Crinières aux vents propose deux jours dans le massif de Belledonne au départ de son centre, avec nuit au refuge gardé du Crêt du Poulet, à 1700 mètres d’altitude. La randonnée emprunte une longue piste forestière avant d’arriver dans des alpages où pour les plus confirmés, une galopade est permise !

Le bureau des guides équestres transpyrénéens décline plusieurs randonnées à faire en famille, de 3 à 5 jours. Les enfants doivent avoir minimum 7 ans et savoir trotter. La longueur des étapes et le rythme sont prévus pour pouvoir faire des pauses et délasser les enfants. Un moment fort à partager et au cours duquel, chacun profitera de cheminer dans des prairies vallonnées à 2000 m. d’altitude, constellées d’une cinquantaine de lacs et d’une multitude de bosquets de pins montagnards.

L'UCPA propose plusieurs séjours sur le thème de la randonnée équestre. Pour ceux qui veulent s'initier, direction le centre des Contamines-Montjoie en Haute-Savoie. Deux à trois heures d'équitation à la demi-journée avec une nuit en refuge.

Dans les Pyrénées, pour les cavaliers déjà confirmés, l'UCPA a concocté une randonnée en haute-montagne sur les crêtes du massif de Tabes (Ax-les-Thermes-Camurac) avec des nuitées 100% bivouac, sous tente, en refuge ou en auberge selon les étapes. Quatre à six heures à cheval par jour. Bonne forme physique nécessaire. Portage des affaires par véhicule d'intendance.

Dans le Vercors, la ferme équestre La Renardière à Villard-de-Lans, qui dispose aussi d'une base à Corrençon-en-Vercors, propose plusieurs formules de randonnées pour les enfants : de deux jours pour les 8-10 ans et de quatre jours pour les 10-12 ans, accessibles après un stage pour acquérir les notions de bases.

Texte ©Actumontagne

Photos : ©Crinières aux vents, www.equipyrene.org, Eric Monodier/UCPA

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